Témoignages Jeu


"On m'a innocenté et reconnu non-coupable de mon passé."

Don-Alin


Cinquième d’une famille de huit – quatre sœurs aînées et trois frères cadets – , je suis un enfant rêveur et bouffon, sportif de nature et poète dans l’âme. Dans un conflit, je suis la tortue : je me retire et je me cache dans ma carapace. J'ai connu des blessures tant physiques que psychologiques. Mais la pire d’entre elles demeure cette maladie qu’est le jeu pathologique.

Au tout début, je regardais mes parents et toute la famille jouer aux cartes avec de l’argent.

J’ai 12 ans. Lorsqu’un joueur se retirait pour aller à la toilette, je jouais pour lui en attendant son retour. Lorsque je remportais une main, il me remettait un pourboire. Plus mes proches jouaient longtemps et plus je pouvais amasser de l’argent.

14 ans. Mon père et ses frères allaient à l’hippodrome de Montréal, appelé Blue Bonnets à l’époque. Je fus attiré par un cheval du nom de Star Allan et misai par l’intermédiaire de mon père deux dollars au niveau « gagnant » et « placé ». Pour une mise de quatre dollars, j’en récoltai seize. Ce cheval courait pratiquement une fois par semaine, et je me suis surpris à être impatient d’arriver à la semaine suivante.

16 ans. Je vais travailler comme palefrenier dans les courses de chevaux. Je gagne 50 dollars par semaine et il y a des courses cinq à six fois par semaine. Pratiquement toutes mes payes y passent, et souvent, il ne me reste plus rien le lendemain. Je commence à boire de l’alcool et à fumer du cannabis.

1978. Mes parents divorcent. Je m’achète une voiture. Six jours après, j’ai un gros accident. Je vais quand même jouer à Blue Bonnets, avec ma mâchoire fracturée et mon bandage d’hôpital.

1er décembre 1985, naissance de ma fille. J’ai assisté à l’accouchement et lorsque je l’ai vue, je me suis dit : « Ça ne se peut pas qu’une fille puisse me ressembler autant que ça. » Malgré cet événement, les courses de chevaux demeurent une idée fixe, que ce soit après le travail ou en congé. Je crois m’améliorer en pensant pouvoir trouver les gagnants.

Début des années 2000. Toujours les courses, auxquelles s’ajoutent maintenant les machines à sous. Je n’ai plus aucun contrôle sur les montants pariés et perdus. Un après-midi, j’amène ma fille à Blue Bonnets. Je lui remets deux dollars à chaque fois que « mon » cheval gagne sa course. Vers la fin de la journée, je suis obligé de lui demander de me prêter les quinze ou vingt dollars qu’elle a en poche : il me fallait manger et j’avais tout perdu. Je pense les lui remettre la semaine suivante… Je ne lui ai pas remis.

Souvenirs d’une fête en famille. Souper et danse dans un restaurant. J’ai laissé ma fille de côté pour investir plusieurs billets de vingt dollars dans une machine à sous. Alcool et drogues étaient aussi de la partie.

Je ne peux pas compter le nombre de fois où j’ai dépensé l’argent qui aurait dû servir pour un autre usage le lendemain. J’ai vécu dans l’illusion une bonne partie de ma vie. Tout le reste a suivi : les factures non payées, les infractions non réglées, la vente de mon véhicule, mon permis de conduire révoqué… et j’en passe. Le malheur de toujours vouloir « me refaire ». Sans emploi, sans argent. Pour l’amour de ma fille, je n’ai jamais eu l’intention de me suicider, mais je crains d'en venir à attaquer autrui. Je prends donc la décision d’aller en thérapie à la Maison Jean Lapointe. Cette fois, j’ai fait le bon choix et j’en sortirai gagnant sur toute la ligne. Je veux cesser de jouer et connaître les causes de ma maladie.

1er février 2007. Dernière journée de consommation d’alcool, de drogue et de jeu. Je suis allé souper avec ma fille. Le soir, en préparant mes bagages, j’ai vomi.

2 février 2007. Avant de partir, je n’ai plus aucune crainte ni aucune hésitation. Seul, je ne peux rien faire; je m’en remets donc à la Maison Jean Lapointe.

1ère journée à la Maison. Je suis arrivé vers 9 h 30. Après être passé au bureau de la réception, j’ai rencontré l’infirmière et répondu à quelques questions. Elle m’a conduit à la chambre sept, a examiné ma valise et m’a présenté à un résident qui m’a fait visiter les lieux et rencontré les autres. Ce qui m’a frappé, c’est de voir tous ces visages. De bons visages.

Deuxième jour. Je me familiarise avec les lieux, j’essaie aussi de me souvenir du nom des autres. J’ai participé au tournoi de ping-pong et j’ai joué quatre parties d’échecs. La fin de semaine est assez tranquille, ma vraie thérapie commence lundi.

J'y apprends beaucoup de choses : les douze étapes et les douze traditions, la valeur des mots déni, violence, ressentiment, peur, deuil, affirmation, rechute… J'apprends à accepter que l'argent misé soit perdu à jamais, tout comme le temps et l'énergie. Je découvre que je survivais et que j’entretenais mon illusion face au pari et au hasard. Parce que j’ai toujours cru que je pouvais « me » refaire. Je m’avoue vaincu et battu par le jeu.

Je suis bien entouré et bien soigné. Pour la toute première fois, je lâche prise. Je lis mon premier livre au complet depuis très longtemps, Gamblers Anonymes, un nouveau début. J’apprends à écouter, à parler, à m’exprimer, à corriger certains a-priori, éviter les situations à risques. Je m’implique dans le mouvement. On m’a innocenté et reconnu non coupable du passé : je ne suis pas responsable de ma maladie, mais je suis responsable de mon rétablissement. Maintenant, je fonctionne. Je participe aux réunions G.A. et A.A. Je veux grandir, je veux me soigner, je veux me rétablir.

Au moment de terminer ce témoignage, je suis toujours abstinent. Je sais qu’il faut y aller un jour à la fois mais je me suis donné un but pour le futur : c’est de pouvoir raconter mon histoire à quelqu’un, devant un auditoire. De pouvoir en sourire et en faire rire.



"J'étais dans l'inconnu et cet ange est venu vers moi."

Berthe G.


J’étais heureuse avec mon mari, j’avais une très belle maison, de l’argent à la banque, une femme de ménage, je faisais des voyages.

Le 1er novembre 1993, pour ma fête, je suis allée au casino. C’était la première fois. Aussitôt sur place, j’ai joué et j’ai gagné. Quel malheur! Je n’avais plus dès lors qu’une seule idée en tête. Y retourner et rejouer. Ce que j’ai fait. En fait, j’y allais de plus en plus souvent et le montant de mes mises était de plus en plus élevé. J’étais devenue V.I.P., j’étais tombée dans l’enfer du jeu.

En juin 1994, j'ai gagné un gros montant. Un mois après, j’ai tout perdu. En voulant reprendre ma perte, j'ai joué encore et encore pour finalement perdre bien davantage. En 1997, ce fut la crise : j'avais joué la maison et l’argent à la banque, jonglé avec cinq cartes de crédit bien remplies et je devais 36 000 dollars à mon fils. Mon mari et moi avons dû déclarer faillite.

Je me revois comme sur un radeau au milieu de la mer. Je suis au désespoir, je pense au suicide. C’est la dépression, je suis hospitalisée. Je pleure jour et nuit, je veux mourir, je ne vois aucune porte de sortie. Je ne m’aime plus, je ne veux plus rien savoir de la vie, je suis fatiguée, c’est la grande noirceur.

À ma sortie de l’hôpital, j'ai été suivie par un psychiatre. En 2002, tout était rentré dans l’ordre. La vie était belle. Pour ne pas perdre mon mari, je lui avais promis de ne plus jouer. Mais un jour en 2005, je suis allée rejoindre ma fille dans une brasserie. Comme je n’aimais pas les machines à sous, je ne craignais pas de me retrouver dans un tel endroit. J’attendais ma fille, je commençais à m’impatienter. Alors pour passer le temps, comme ça, j'ai mis cinq dollars dans une machine. J'ai immédiatement gagné. Et immédiatement repris goût au jeu. De plus belle. Moi qui haïssais ces machines, j’en étais maintenant l’esclave.

J’avais pourtant bien promis à mon mari de ne plus jouer. Je suis devenue menteuse, sournoise, hypocrite. Je lui disais que j’allais chez ma fille alors que j’allais jouer. Je perdais beaucoup. J’empruntais à mon frère, à mes petits-enfants. Je me disais « faut que j’arrête. » Impossible, j’étais retombée en enfer, j’étais incapable de penser à autre chose.

Un soir, assise devant une machine, j’étais en train de jouer... et de perdre beaucoup d’argent. Il me restait soixante dollars en poche. Mon ex-gendre Daniel m'a dit : « Arrête. Va te faire soigner, tu vas te mettre dans le pétrin et tu vas perdre ton mari. » Une lumière s’est allumée en moi. J’aime tellement mon mari. J’ai regardé la machine et le lui ai dit : « Tu n’auras pas mes derniers soixante dollars et rien d’autre de moi non plus. Assez, c’est assez. »

Alors j’ai téléphoné à la Maison Jean Lapointe. En juillet 2006, j’ai eu un rendez-vous avec Christian. J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps. Je ne savais pas ce qui m’attendait. J’étais dans l’inconnu et cet ange est venu vers moi. Il m’a écoutée sans dire un mot, puis m’a conduite vers des mains tendues. Je n’oublierai jamais cette journée-là car l’amour est entré dans mon cœur. J’ai suivi une thérapie de huit semaines avec une intervenante qui m’a donné des conseils et des outils pour m’en sortir. Peu à peu, j'ai repris goût à la vie. Tout le monde était comme moi, je me sentais très bien, j’étais comprise, non jugée.

Aujourd’hui j’ai retrouvé l’amour de mon mari, comme autrefois, et celui de tout le monde autour de moi. À la Maison Jean Lapointe, j’ai connu des amis. Nous restons en contact et faisons des réunions, pendant lesquelles nous avons beaucoup de plaisir. Finis les pleurs, à nous le bonheur !

J’ai 69 ans. Je commence une nouvelle vie dont je suis fière. Tous les jours je fais la prière de la sérénité; elle est très précieuse pour moi. Dieu m’aide, j’en suis certaine, car seule, je ne peux rien. Vous savez, il n’est jamais trop tard pour changer.



"Je pleurais tellement que je pouvais à peine parler."

Caroline C.


Mon univers s’est écroulé le vendredi 13 septembre 2002. Cette journée-là a été un véritable enfer : mon secret, si bien camouflé depuis environ deux ans, était découvert! J’ai dû avouer à ma famille que j’avais perdu mon emploi parce que j’avais un problème de jeu.

Mon mari est venu avec moi à la première rencontre à la Maison Jean Lapointe. Je pleurais tellement que je pouvais à peine parler. J’étais quand même soulagée de ne plus rien devoir cacher. Les discussions en groupe me faisaient tellement de bien, nous pouvions dévoiler toutes nos émotions, dire les gestes qui avaient blessé ceux qu’on aime, avouer les manipulations, les mensonges que le jeu impose toujours.

Après trois mois de thérapie de groupe, j’ai découvert où tout ça avait commencé. Un diagnostic de sclérose en plaques en décembre 1999 m’avait complètement écrasée. J’avais 26 ans. Pourquoi ça arrivait à moi? La seule façon de ne plus y penser avait été de jouer.

Tous les aspects du jeu ont été abordés en thérapie. Les témoignages des autres participants m’ont beaucoup fait réfléchir. Quand un monsieur de 75 ans a raconté qu’il avait joué toutes ses économies au casino et que sa femme l’avait mis à la porte, j’étais renversée! J’ai compris que je ne voulais pas me rendre jusque-là.

J’étais fière de moi après trois mois complétés. Une fois le choc passé, mon entourage avait été supportant. Ils avaient cessé de me surveiller et me refaisaient confiance. Tout a très bien été, jusqu’à ce que ma sclérose en plaques refasse des siennes et m’impose un congé d’invalidité en décembre 2005. Le jeu et les mensonges sont aussitôt revenus dans ma vie.

C’est vrai ce qu’on nous disait à la Maison : la visite aux enfers est plus fulgurante à la rechute! En neuf mois seulement, j’étais redescendue au plus bas. Cette fois, ce n’est pas une thérapie qui m’a ramenée. Ma mère se doutait de ce que je faisais en cachette depuis des mois. Elle était en train de mourir aux soins palliatifs et sa sœur m’a fait signer une lettre où je promettais à ma mère de ne plus JAMAIS jouer et d’avouer à tous ma rechute. Le 13 septembre 2006, quatre ans jour pour jour après mon grand aveu, maman est partie…

Ça fait aujourd’hui six mois que je suis abstinente. Entre la thérapie suivie à la Maison en 2002 et la promesse faite à ma mère en 2006, je crois très fort que je ne jouerai plus et que je trouverai enfin la paix de l’esprit.



"Je suis entrée avec la ferme intention d'arrêter de souffrir."

Esther-Denise L.


Le jour où je suis entrée à la Maison Jean Lapointe, j’étais dans une période sombre, sans doute l’une des plus noires de ma vie. J’étais dépendante du jeu, j’avais besoin d’aide. Un jour, une grande amie m’a
dit : « Esther-Denise, tu joues parce que tu es profondément malade. » La vérité fait souvent mal et ce diagnostic m’a touchée, interpellée, allumée. J’étais déjà passée par les Gamblers Anonymes. Je savais qu’il me fallait trouver autre chose. Un traitement radical, un traitement efficace.

À ce stade-ci, le plus difficile pour moi a été d’accepter le constat, de m’abandonner au traitement , de faire confiance aux intervenants de la Maison. Je suis entrée là pour trouver des outils qui m’aideraient à vivre, sobre et heureuse, à laisser de côté mes misères et enterrer les vestiges du passé. Je suis entrée avec la ferme intention d’arrêter de souffrir. C’était pour moi le dernier recours, le mal intérieur était devenu trop grand : angoisse, obsession, et, en bout de ligne, la mort certaine…

Dans le dépliant de la Maison destiné aux joueurs, on pouvait lire : « Ce programme vous est destiné. Nous y avons mis beaucoup d’amour car nous connaissons la grandeur de vos besoins ». Je suis longtemps restée accrochée à cette phrase, en fait jusqu’à ce que je comprenne que ce programme était fait sur mesure, juste pour moi.


Lorsque je suis entrée pour la première fois dans la Maison et j’ai découvert un intérieur, paisible, des murs en pierre, rassurants, des plantes et une décoration, magnifiques. Tout ça vient me chercher, me détend, me calme… J’ai l’impression de me retrouver dans un cocon, un endroit où j’ai envie de me laisser dorloter comme une enfant, blessée, dans les bras de sa mère.

La première « rencontre » a lieu au sous-sol. Nous sommes six. Sept avec Mario, l’intervenant. Je suis impressionnée, tant par son regard que par ses paroles : « Bienvenue à tous. Vous êtes ici au bon endroit; et si vous avez choisi la Maison Jean Lapointe, c’est que vous avez envie d’en finir avec le jeu. » Tout de suite, je sens ce désir un peu formel de m’en remettre à lui, totalement, en pleine confiance.

J’ai finalement suivi une thérapie de 12 semaines. Avec succès, je dois le reconnaître. J’ai fait mes devoirs avec fierté, voire avec plaisir. J’ai assisté aux rencontres hebdomadaires du jeudi soir qui sont devenues un rituel important. J’y ai rencontré des personnes avec qui j’ai tissé de solides liens d’amitié.

Au bout de plusieurs mois, on m’a proposé de faire du bénévolat pour la Maison. J’ai accepté et me suis retrouvée à aider les résidents, à l’étage supérieur. Quelle expérience! Au fur et à mesure que je m’impliquais dans le projet, je ressentais une grande satisfaction personnelle, une paix intérieure. Je me sentais enfin importante… peut-être oserais-je même dire essentielle. Aujourd’hui encore, la Maison me procure un sentiment d’appartenance, une richesse intérieure et une estime de moi-même que je n’ai jamais eue auparavant. J’y ai accompli mon plus beau défi : celui de vivre loin du jeu, loin de toute obsession mais proche des autres.



"J'ai passé cet été 2006 à me réparer, à redevenir quelqu'un."

Marc F.


Mon nom est Marc. Je suis un joueur compulsif en voie de rétablissement. Depuis le 4 juin 2006, j’ai repris ma vie en main. J’ai cessé de jouer.

Ma dépendance maladive aux jeux a pris toute la place. Pendant plus de 10 ans, ce sont les machines à poker, les appareils de loterie vidéo qui contrôlaient tout : mes pensées, mes idées, mon intelligence, ma vie.

Au tout début, j’ai connu le challenge de jouer, le plaisir, l’euphorie. Puis ce fut la descente vertigineuse et c’est devenu souffrant, très souffrant. J’ai l’impression d’avoir sombré en enfer. Jouer me détruisait jour après jour. Je ne vivais plus, j’existais tout au plus. J’étais complètement gelé. J’ai réalisé que j’étais en train de me tuer. J’avais franchi les limites, j’étais au bord du précipice. J’avais des pensées noires, j’étais en colère. Je n’étais plus le même Marc doux et bon d’avant. J’avais touché le fond du baril. J’avais mal jusque dans la poitrine. Ça ne pouvait plus continuer ainsi. Je me suis dit : « Là Marc, y’é temps de faire quelque chose, ça presse! Aide-toi ! Fais un homme de toi, ‘n’aie pas peur! » J’ai pris conscience que le jeu m’avait anéanti, qu’il avait gagné sur presque tous les fronts. Je ne lui ai pas laissé la chance de prendre ce qui me restait : la vie. J’ai alors misé sur moi. J’ai lâché prise. J’étais incapable de m’en sortir seul.

À la première heure le matin, après une nuit d’insomnie, j’ai pris le taureau par les cornes! J’ai mis mon orgueil de côté et sans même savoir s’il existait un programme pour les joueurs comme moi, j’ai téléphoné à la Maison Jean Lapointe, réputée pour s’occuper des alcooliques et des toxicomanes. Et j’ai appris qu’il existait un programme pour moi. J’ai fait le premier pas, celui qui coûte et effraie le plus. Et je peux dire aujourd’hui que c’est le plus beau geste que j’ai fait de toute ma vie. J’avais rendez-vous le lendemain matin à la première heure.

Je me suis rendu là, la peur au ventre. Je me suis dit : « Marc, tu ne peux pas reculer, c’est ta vie qui est en jeu, ne l’oublie pas. » Christian, le directeur du programme, m’attendait, le sourire aux lèvres : « Tu es à la bonne place » m’a-t-il dit en guise d’accueil. Dès le début, il m’a mis en confiance et mes peurs se sont estompées. À la suite de notre rencontre, nous avons convenu que je suivrais une thérapie fermée pendant mes prochaines vacances. D’ici là, je m’engageais à suivre une préthérapie d’un mois. Ça n’a pas été facile : j’en ai pleuré un coup! À plusieurs reprises, j’ai même failli tout lâcher.

Lorsque je suis revenu pour ma thérapie fermée, je ne me sentais pas encore prêt. J’étais anxieux, j’avais honte, j’avais peur d’être jugé. J’arrivais du travail, j’étais en camisole! Encore une fois, Christian a trouvé les bons mots. Puis, tout s’est enchaîné. J’ai compris que je n’étais pas seul, que d’autres personnes, venant de toutes les couches de la société, vivaient les mêmes problèmes. Avec eux, j’ai réappris à parler, à m’exprimer, à m’affirmer.

J’ai passé cet été 2006 à me réparer, à redevenir quelqu’un. Je crois aussi que ma mère, que j’aimais et qui me manque beaucoup, m’a aidé spirituellement pendant la durée de la thérapie.

Maintenant, j’ai un nouveau mode de vie et plein d’outils dans mon gros coffre. Tout est là. À moi de bien m’en servir, j’ai tout ce qu’il me faut. Je vais toujours aux meetings, ce sont mes vitamines. À ceux et celles qui vivent des problèmes de jeux, je leur dis, du plus profond de mon cœur : « N’ayez pas peur : avouez, reconnaissez que vous avez un problème. C’est le premier pas vers votre nouvelle vie riche et remplie de belles choses. »




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